Mon premier meeting aérien - 3/3 : le retour

Published on 15 June 2022 by Philippe Ferretti

Patrick fut certainement celui de nos membres qui nous a le plus étonnés au cours de ce week-end : Pris par les exigences de sa profession, il se trouva dans l'impossibilité d'être libre le Samedi 3 Juillet. Il décida quand même de traverser la France en train le lendemain, de La Rochelle à Montbéliard, et arriva à destination à 22 heures 30, juste à temps pour prendre une trop courte nuit de repos et sauter dans le Spirit of Lewis pour le convoyer de Montbéliard à Persan le jour suivant.

Nous le remercions chaleureusement pour cet esprit d'équipe et cette générosité qui font honneur à notre Wing et à toute la CAF. Patrick nous raconte son périple ci-dessous…

MONTBÉLIARD - PERSAN-BEAUMONT

"Arrivé à Montbéliard, grâce à la SNCF, je fus accueilli par Jean-Claude Miniggio, le Colonel qui assure (Merci Jean-Claude de m’avoir attendu stoïquement sous les attaques des moustiques !…).
Après une nuit réparatrice, nous avons retrouvé Roger à son hôtel et nous sommes allés au terrain.

Professionnelle, l’agent Afis de la tour me sort une météo sur tout notre trajet - Merci Madame pour votre gentillesse - Les Metar et Taf annoncent du Cavok sur Luxeuil, avec, par-ci par-là, des CB cachés dans la masse nuageuse. La carte météo est largement festonnée sur tout notre trajet. Le vent monte à 25 noeuds dans l’axe de la piste 26, il pleut et l’horizon dans la direction de notre départ est bouché. Je suis pessimiste sur nos chances de décoller avant 12 heures. Soudain, miracle ! Le temps s’éclaircit et le nuage menaçant disparaît vers l’est. Je décide de partir.

MONTBÉLIARD - VESOUL

Je redécouvre bien abrité dans le hangar du club des paras notre J-3 que je n’avais pas vu depuis le 25 Avril. Il est magnifique dans ses peintures guerrières. Bravo à toute l’équipe !

Visite pré-vol effectuée, tout est OK. Après un briefing l’équipage s’installe, Roger devant et moi derrière, puis commence la check-list avant mise en route. Cales en place, contact coupé, brassage par le mécano du Club, trois injections, contact ! Au premier lancé le moteur démarre. Je le laisse chauffer jusqu’à ce que l’aiguille de température soit dans le vert. Le vent est tombé, mais je roule prudemment sur le taxiway. Après les dernières vérifications au point d’arrêt nous décollons sur la 26 dure.

Gilles m’avait annoncé que la consommation horaire moyenne était de 18 litres (Alors que j’avais tablé sur 15). De plus, le vent de face faisait chuter ma vitesse sol à un modeste 50 noeuds (92 km/h), je décidais donc de faire une première escale technique à Vesoul. Après la traversée de la zone R 45 D sur autorisation de "Luxeuil Approche", Vesoul est devant nous.

Passage verticale, intégration dans le circuit de piste où nous sommes seuls, réduction des gaz, réchauffe carburateur tirée, finale, atterrissage, puis… &$#%§ !… Le moteur cale après le toucher ! Comme nous avions besoin d’exercice, huit cents mètres de roulage à la main ont fait l’affaire !

Premier ravitaillement, et nouvelle météo grâce au moniteur du Club de Vesoul qui a retardé une leçon de voltige en Cap 10 pour me donner une météo via internet (merci Monsieur et Madame la secrétaire du Club de Vesoul) : Le vent aurait faibli.

Roger est assis dans l’avion, j’installe les cales, quelques pales en arrière, un poil de gaz, contact, et je lance l’hélice. Ça démarre au bout de cinq lancés. J’enlève les cales, Roger tient le manche en arrière et les freins au talon pendant que je m’installe. Nouveau décollage, sortie du circuit. Au revoir Vesoul, direction Troyes.

VESOUL - TROYES - JUVANCOURT

Navigation tranquille (Il faut dire qu’à la vitesse ou nous allons, nous avons le temps d'admirer le paysage et les voitures qui filent à vive allure sur l’autoroute et nous dépassent !).

Le vent de face de 10 à 15 noeuds nous pénalise. La jauge est pessimiste et, par conséquent, moi aussi. Je ne crois pas pouvoir atterrir à Troyes avec une marge de sécurité suffisante au cas où ce terrain serait obligé de fermer avant notre arrivée, m’obligeant à aller ailleurs. C’est le moment d’entamer un déroutement vers Juvancourt.

Je sais, par la lecture du Complément aux cartes aéronautiques que la zone R 5 B1 est inactive en Juillet et Août, mais j’essaie un contact radio. Personne ne répond, c’est normal ! C’est les vacances pour ceux qui utilisent cette zone quatre jours par mois le reste de l’année pour essayer des aéronefs télépilotés non habités, autrement dit des drones.

Reconnaissance du site, choix d’un QFU, circuit, puis atterrissage.

Comme nous sommes en déroutement, je n’ai pas la carte du terrain et ses précieux renseignements, notamment les numéros de téléphone qui vont bien quand on veut du carburant. Heureusement, à Juvancourt, les dirigeants du Club ont pensé à nous en affichant leurs numéros sur la porte du Club House. Le Président m’apprend qu’un pilote doit venir pour voler sous peu et qu’il pourra me livrer de l’essence. En effet quelques instants plus tard un pilote se présente et ouvre la pompe pour nous servir.

Monsieur le Président Brisson, m’a rappelé pour savoir si tout allait bien, merci à lui et merci au pilote dont je ne connais pas le nom. Au revoir Juvancourt où peut être nous retournerons pour un meeting prochain ?…

JUVANCOURT - COULOMMIERS

Direction Coulommiers. Notre autonomie le permet. Incroyable ! Nous faisons des pointes à 65 noeuds. C’est grisant !… A Coulommiers sur la fréquence d’auto-info j’entends que la piste en service est la 27. Je choisis la 27 R en herbe et je roule vers les pompes. Le roulage est long, ce grand terrain est géré par ADP, Aéroport de Paris. J’arrive à la pompe et bien sur ce n’est pas la bonne. Un agent d’ADP à qui je propose de régler la taxe d’atterrissage tout de suite me dit non. Ah ! Quel homme sympathique ! Fausse joie… Il est en réunion et il ne peut pas s’occuper de nous : "Ne vous inquiétez pas, la taxe vous parviendra à Persan". Ben non ! Je ne m’inquiète pas.

Nouvelle séance de musculation pour rejoindre la bonne pompe, mais cette fois sur 50 mètres seulement. C’est le club qui nous ravitaille, et en plus nous pouvons nous désaltérer au bar.

COULOMMIERS - PERSAN-BEAUMONT

Nouveau décollage, direction Le Plessis-Belleville que la TMA de Paris oblige à ne pas survoler à plus de 1500 pieds. Nous sommes à 1200. Nous pouvons voir deux avions de ligne en finale sur Roissy à environ 1000 pieds plus haut que nous, c’est normal, 1500 pieds c’est leur plancher dans cette partie de la région parisienne. Nous passons entre la TMA de Paris et la zone de Creil qui est active et voici Persan en vue. Posé en 28 après un total de 4 heures de vol en quatre étapes nécessitant 73 litres d’essence soit une consommation horaire de 18,3 litres.

Les Colonels Fumiko et Bernard Delfino nous accueillent par de grands signes amicaux et nous font signe de nous diriger vers la pompe où nous faisons immédiatement le plein. Puis nous passons au nettoyage de l’avion. A quatre, cela va vite, nous venons à bout des centaines de moustiques et autres bestioles qui sont collés sur les bords d’attaque, les mats, le capot moteur et le pare brise.
Pour finir la journée, Roger nous offre un délicieux repas au restaurant “ Les Jardins du Printemps ” à Tremblay, suivi d'une nuit de repos bien gagné.
J’ai beaucoup appris pendant ce convoyage et j’ai aimé le faire.

CONCLUSION

La participation de notre Wing et de notre avion semblait très difficile. Mais la solidarité et les efforts de plusieurs membres qui n'ont pas hésité travailler d'arrache-pied et à parcourir, ensemble, près de 10000 kilomètres, changèrent ce saut dans l'inconnu en une somme d'expérience et de nouvelles connaissances qui nous seront bien utiles dans le futur.

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