Persan-Beaumont

Publié le 15 mai 2022 par Philippe Ferretti

L’histoire du terrain de Persan-Beaumont remonte à 1914.

Première Guerre mondiale

Ce qui n’était encore qu’un champ d’aviation a vu se croiser durant tout le conflit différentes escadrilles de l’Aéronautique Militaire de l’Armée de terre. Les escadrilles d’observation REP 15 sur Robert Esnault-Pelterie type K, et MF 16 sur Maurice Farman 7 furent les premières à s’y poser, dès le 30 août 1914, pour effectuer des missions au profit de la 6e Armée engagée dans la bataille de la Marne.

A gauche, une vue du 22 mai 1933, réalisée par un Breguet 19 de la 2e escadrille de la 34e Escadre d'Observation, basé au Bourget. A droite le plan d'aujourd'hui. https://www.ign.fr/

Deuxième Guerre Mondiale

L’établissement d’un aérodrome militaire initialement dédié à la défense aérienne de Paris est décidé dans les années 30 ; puis il est occupé par différentes unités de la toute jeune Armée de l’air, jusqu’au début de la Deuxième Guerre Mondiale. Après avoir bombardé le terrain, la Luftwaffe allemande l’a occupé de septembre 1940 à juin 1944, sous l’appellation de « Flugplatz Beaumont ». Elle aménage le terrain, construit deux pistes en béton et des zones de desserrement.

Le 386 Bomb Group

Après avoir bombardé le terrain, les Alliés l’ont occupé à leur tour, sous le nom de AAF Station A-60. Le 386e Groupe de Bombardement Moyen de la 9e Air Force, équipé de B-26 Marauders et A-26 Invaders, y a été stationné du 2 octobre 1944 au 9 avril 1945, avant de suivre l’avancée des troupes vers l’est et de déménager à St-Trond, ou A-92, en Belgique.

Le Martin B-26 "Marauder" 41-35358 'Sexy Betsy' 555BS, 386BG, 9AF approche de son objectif - une installation ennemie quelque part en Europe - avec les trappes de sa soutes à bombes ouvertes. https://www.americanairmuseum.com/media/32974

Le 20 avril 1945, des A-26 Invader du 554th Bomb Squadron, 386th Bomb Group volent en formation pendant une mission de bombardement d'installations ennemies quelque part en Allemagne. Le A-26 (RU-S, serial number 43-22366) est visible sur la gauche.
https://www.americanairmuseum.com/media/1895


Le 410 Bomb Group

Un peu plus tard, dans un mouvement inverse, du 17 mai à juin 1945 le terrain a brièvement hébergé les A-20 Havoc du 410e Groupe de Bombardement Léger. Le groupe revenait de Juvincourt, ou AAF A-68, près de Reims, avant son retour aux États-Unis et sa dissolution le 7 novembre 1945. Par un curieux hasard de l’histoire, le 28 mai 1944, leur objectif avait été ce même terrain de Beaumont.

Parcours du 410BG pendant la 2e GM. Persan-Beaumont est le repère 12 (Paris) United States Army Air Forces, "History of the 410th Bombardment Group" (1945). World War Regimental Histories. 131. https://digicom.bpl.lib.me.us/ww_reg_his/131

"The Real McCoy" Douglas A-20J-15-DO Havoc Serial 43-21745 du 646 BS/410 BG Collection IWM/American Air Museum https://www.americanairmuseum.com/media/41256


Après la guerre

A gauche, une prise de vue de l'IGN - peut-être un NC 701 Martinet, les B-17 n'arriveront qu'en 1948 - du 24 août 1947. A droite, le plan actuel. On distingue les deux pistes en dur, et les taxiways de desserrement, devenus des rues. https://www.ign.fr/

Le terrain sera ensuite utilisé en tant que base aérienne 218 par l’Armée de l’air, en conservant cependant une activité civile de loisirs et de voltige. L’ELA 1/56 Vaucluse, en provenance du Bourget y stationnera de fin 1945/début 1946, à son départ pour Évreux, lors de la dissolution de la base aérienne, le 1er novembre 1967.

Depuis, le terrain, géré par la société ADP, héberge de nombreuses associations qui pratiquent le pilotage (avion, voltige, ULM), le parachutisme (ascensionnel, paramoteur), le modélisme...

A proximité du terrain - sur l'ancienne zone de desserrement - se trouvent deux stèles évoquant son passé militaire ; la première rappelle les membres disparus du Groupe de Bombardement II/12, la deuxième le passage du 386 BG :


Pour aller plus loin

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